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Desmognathus ochrophaeus (Cope, 1859) – Desmognathe des Allegheny

desmognathus-ochrophaeus

 

 

INFORMATION SUR LA SITUATION DE L’ESPÈCE

La salamandre sombre des montagnes (Desmognathus ochrophaeus), population des

Grands Lacs et du Saint-Laurent, a été inscrite à la Liste des espèces en péril (annexe 1) de la

LEP en 2009 en tant qu’espèce menacée. Le gouvernement du Québec a désigné la salamandre

sombre des montagnes comme étant une espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces

menacées ou vulnérables (L.R.Q., chap. E-12.01) en 2009.

Selon NatureServe (2010), le statut global de la salamandre sombre des montagnes est G5

(non à risque) en raison de son abondance dans l’ensemble de son aire de répartition. Elle est

également considérée non à risque (N5) aux États-Unis. Toutefois, l’espèce est classée

au rang N2 (à risque) au Canada et au rang S1 (très à risque) au Québec.

 

Date de l’évaluation : Avril 2007

Nom commun : Salamandre sombre des montagnes, population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Nom scientifique : Desmognathus ochrophaeus

Statut selon le COSEPAC : Menacée

Justification de la désignation : Il s’agit d’une espèce discrète et de petite taille, dont les larves sont

aquatiques, présente dans des ruisseaux, des cascades, des sources ou des eaux d’infiltration qui

se trouvent dans un milieu forestier où la couverture est abondante, et ce, sous forme de crevasses entre

les pierres, de litière ou de billes de bois. L’espèce a une très petite aire de répartition qui s’étend sur

moins de 100 km2

dans la province faunique des Grands Lacs et du Saint-Laurent, dans une seule

localité à l’extrême nord des Adirondacks. Dans cet emplacement, les salamandres occupent quelque

huit ou dix cours d’eau ou sources d’eau d’infiltration dont la zone d’occupation totale couvre

moins de 10 km2

. Une seule source d’eau est à l’origine de tous ces cours d’eau. L’emplacement est

isolé de toute autre population de la même espèce, la plus près se trouvant à environ 90 km dans l’État

de New York. La très petite aire de répartition de l’espèce la rend très vulnérable aux évènements

stochastiques et l’espèce pourrait facilement devenir en voie de disparition si d’importants changements

survenaient dans son habitat. Les principales menaces pesant sur l’espèce dans la province faunique des

Grands Lacs et du Saint-Laurent incluent tout ce qui pourrait toucher la nappe phréatique et assécher les

eaux d’infiltration et les sources dans son habitat ou dégrader le ruissellement d’eau souterraine ou la

qualité de celle-ci, ou encore diminuer les réserves d’eau souterraine. L’exploitation forestière exercée

au site de l’unique source d’eau pourrait détruire l’habitat terrestre en augmentant l’envasement dans

les cours d’eau et en modifiant les régimes hydrologiques.

Présence au Canada : Québec

Historique du statut selon le COSEPAC : L’espèce a été considérée comme une unité et a été

désignée « préoccupante » en avril 1998. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée »

en novembre 2001. Division en populations en avril 2007. La population des Grands Lacs et du

Saint-Laurent a été désignée « menacée » en avril 2007.

 

 

INFORMATION SUR L’ESPÈCE

Description de l’espèce

La salamandre sombre des montagnes est mince et de petite taille; les adultes mesurent

généralement entre sept et dix cm de longueur. Comme son nom l’indique, elle est de couleur

sombre (brun ou noir). Son dos présente toutefois une bande plus claire, souvent jaunâtre ou

rougeâtre, qui s’étend de la tête à la queue. Habituellement, cette bande comporte, au centre du

dos, une rangée de points foncés en forme de chevrons (COSEPAC 2007). Pour une description

exhaustive de la morphologie et de la génétique de l’espèce, le lecteur est invité à consulter le

rapport de situation de l’espèce (COSEPAC 2007).

 

Population et répartition:

La salamandre sombre des montagnes est une espèce endémique à l’est de l’Amérique du Nord.

Son aire de répartition globale est située presque exclusivement aux États-Unis et elle superpose

la chaîne de montagnes des Appalaches. La limite nordique de répartition de l’espèce correspond

au piedmont des Adirondacks au Québec. Sa répartition s’étend à l’ouest jusqu’à l’Ohio, à l’est

jusqu’au Maryland et au sud jusqu’en Géorgie (figure 1) (Orr 1989, Conant et Collins 1998,

Petranka 1998).

L’aire de répartition canadienne de la salamandre sombre des montagnes est très limitée et

représente seulement une très petite partie de son aire de répartition à l’échelle mondiale

(moins de 1 % de la répartition totale se trouve au Canada) (COSEPAC 2007). L’espèce est

retrouvée dans un petit bassin versant de l’extrême sud du Québec (population des Grands Lacs

et du Saint-Laurent), ainsi que dans un seul cours d’eau des gorges du Niagara en Ontario

(population carolinienne). La répartition de la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent est

disjointe de l’aire de répartition principale, alors que la population carolinienne se trouve à la

marge nord-ouest de cette dernière (figure 1). Ces populations demeurent les seules connues

au pays, malgré plusieurs inventaires réalisés au Québec et en Ontario (Weller 1977,

Gordon 1979, Bonin 1989, Shaffer et Bachand 1989, Bider et Matte 1991, 1994, 1996).

 

repartition

Figure 1. Répartition de la salamandre sombre des montagnes en Amérique du Nord.

Les chiffres pointent les populations canadiennes : (1) Grands Lacs et Saint-Laurent, Québec,
 Carolinienne, Ontario.
Modifiée de NatureServe 2010.

 

L’aire de répartition de la salamandre sombre des montagnes, population des Grands Lacs et du

Saint-Laurent, est entièrement située sur le versant nord du mont Covey Hill, dans le sud de la

Montérégie, dans les contreforts des Adirondacks (Sharbel et Bonin 1992). L’ensemble de la

répartition se retrouve en terres privées, dans les municipalités de Franklin et de Havelock

(Frenette 2008). Selon le COSEPAC (2007), la superficie véritablement occupée par l’espèce

(zone d’occupation) couvre moins de 10 km² et est incluse dans un territoire d’environ 50 km²

(zone d’occurrence) (figure 2). Selon une estimation plus précise du Centre de données sur le

patrimoine naturel du Québec (CDPNQ) (2009), la zone d’occupation de l’espèce est constituée de 10 occurrences d’éléments1

(ci-après appelé « occurrences ») et ces dernières totalisent une

superficie de 2,6 km² (264,5 hectares). La population des Grands Lacs et du Saint-Laurent est

séparée par environ 90 km de la population la plus proche qui se trouve dans le nord de l’état de

New York (COSEPAC 2007).

carte

Figure 2. Zone d’occurrence de la salamandre sombre des montagnes, population des

Grands Lacs et du Saint-Laurent (hachurée)

En ce qui concerne la taille de la population de la salamandre sombre des montagnes, population

des Grands Lacs et du Saint-Laurent, les données disponibles actuellement permettent seulement

de constater la présence d’adultes reproducteurs, de juvéniles et de nids occupés. Les données

ne permettent pas d’évaluer la taille, les fluctuations et la tendance de la population

(COSEPAC 2007). En effet, les données disponibles dans l’Atlas des amphibiens et des reptiles

du Québec (AARQ 1988 -), une banque de données source du CDPNQ, sont peu nombreuses et

inadéquates pour répondre à ces questions. Pour pallier cette lacune, un suivi des effectifs de la

population a été initié en 2008 dans six des dix occurrences (Frenette 2008).

 

 

 

Besoins de la salamandre sombre des montagnes, population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Le rapport du COSEPAC (2007) détaille les besoins de la salamandre sombre des montagnes de

façon exhaustive. Le résumé présenté ici est tiré de ce rapport.

La salamandre sombre des montagnes est dépourvue de poumons et utilise une respiration

cutanée. Cette caractéristique implique que sa peau doit demeurer humide en permanence afin

d’assurer les échanges gazeux, ce qui influence par conséquent la sélection d’habitat. Ainsi, la

salamandre sombre des montagnes est essentiellement retrouvée à proximité ou dans des

ruisseaux froids à faible débit, des cascades, des sources ou des résurgences2

situés en milieux

forestiers montagneux. En revanche, elle est souvent absente des grands ruisseaux occupés par

des poissons prédateurs.

Bien qu’elle soit obligatoirement liée à une source d’eau, la salamandre sombre des montagnes

est la plus terrestre des salamandres de ruisseaux du Québec. D’abord, les larves peuvent

survivre dans des sources d’eau temporaires qui ne sont pas colonisées par les autres espèces de

salamandres de ruisseaux. De plus, les individus utilisent en été le milieu forestier qui est situé à

la marge de leur milieu aquatique d’attache. Même si l’on sait que l’espèce peut s’éloigner à plus

de 75 m du milieu aquatique, les informations concernant les mouvements, les déplacements et

les migrations des individus sont limitées. En milieu forestier, le type de substrat est une

caractéristique très importante. Il faut en effet que le substrat soit meuble (p. ex. : matière

organique) pour que les individus puissent creuser des terriers aisément. La présence et le type de

végétation sont également des caractéristiques importantes, notamment parce qu’elles permettent

de maintenir un taux d’humidité adéquat.

Pour contrer la prédation, la salamandre sombre des montagnes a besoin que soient présents,

dans son habitat, des abris qui lui permettent de se cacher en tout temps. Ces abris sont le plus

souvent des roches ou de vieux troncs d’arbres tombés au sol. Ils sont par exemple très

importants durant l’hiver pour protéger les individus qui sont en léthargie. Les œufs sont

également pondus sous de tels abris.

 

MENACES

Évaluation des menaces

La salamandre sombre des montagnes, population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, a une

répartition qui est isolée et de petite taille, ce qui la rend particulièrement vulnérable à plusieurs

menaces. À l’heure actuelle, les menaces les plus critiques pour sa survie et son habitat sont

l’exploitation de l’eau et l’altération de la tourbière du mont Covey Hill. Les autres menaces

auxquelles fait face l’espèce sont : la coupe forestière, le développement à des fins résidentielles

et de villégiature, l’utilisation de véhicules tout-terrains, les changements climatiques, la

production agricole ou animale et l’introduction ou l’ensemencement de poissons.

 

Tableau 1. Évaluation des menaces

tableau

1 Niveau de préoccupation : signifie que la gestion de la menace représente une préoccupation (élevée, moyenne ou
faible) pour le rétablissement de l’espèce, conforme aux objectifs en matière de population et de répartition. Ce
critère tient compte de l’évaluation de toute l’information figurant dans le tableau).
2 Gravité : indique l’effet à l’échelle de la population (Élevée : très grand effet à l’échelle de la population,
modérée, faible ou inconnue).
3 Certitude causale : indique le degré de preuve connu de la menace (Élevée : la preuve disponible établit un lien
fort entre la menace et les pressions sur la viabilité de la population; Moyenne : il existe une corrélation entre la
menace et la viabilité de la population, p. ex., une opinion d’expert; Faible : la menace est présumée ou plausible).

 

Description des menaces

Les neufs menaces décrites ci-dessous sont présentées selon leur niveau de préoccupation. La

menace 1 étant la plus importante.

 

Menace 1 – Captage d’eau souterraine à des fins résidentielles, agricoles et commerciales

Les réserves d’eau souterraines alimentent les ruisseaux intermittents, les sources et les

résurgences essentielles au repos, à la ponte, à l’alimentation et à l’hibernation de la salamandre

sombre des montagnes. Au mont Covey Hill, la nappe phréatique constitue l’unique source

d’approvisionnement en eau (Frenette 2008). Celle-ci est alimentée par une grande tourbière

située au sommet du mont, qui constitue un important réservoir d’eau (Barrington et coll. 1993).

Au début des années 1990, la demande en eau pour des fins résidentielles, agricoles et

commerciales n’était pas jugée problématique (Barrington et coll. 1993). La situation n’a pas été

réévaluée depuis, bien que le portrait de la demande ait changé. En effet, il y a eu une

augmentation des besoins au cours des dernières années, notamment au niveau du récréotourisme

et de l’irrigation des vergers. Les impacts anticipés du captage d’eau sont la diminution de la

disponibilité en eau dans l’habitat de la salamandre sombre des montagnes, population des

Grands Lacs et du Saint-Laurent, et la modification des fluctuations naturelles du régime de l’eau

(Jutras 2003, Frenette 2008). Cela provoquerait ainsi une perte d’habitat et une mortalité

significatives en raison de la capacité de dispersion limitée de ces animaux. Aussi, des individus

pourraient se retrouver isolés dans des fragments d’habitat résiduel séparés par des fragments

d’habitat peu propice à leur survie. La diminution des niveaux d’eau affecterait probablement le

succès reproducteur, la survie des œufs et les ressources alimentaires de la salamandre sombre

des montagnes, population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, et restreindrait l’habitat d’hiver.

 

Menace 2 – Captage d’eau souterraine à des fins d’embouteillage

La menace du captage d’eau à des fins d’embouteillage est importante, bien qu’elle ne soit

actuellement qu’une menace potentielle pour la salamandre sombre des montagnes, population

des Grands Lacs et du Saint-Laurent. En effet, la qualité exceptionnelle de l’eau souterraine

retrouvée au mont Covey Hill rend cette ressource attrayante au point de susciter l’attention des

promoteurs de projets d’embouteillage (Frenette 2008). Bien qu’ils aient été refusés jusqu’à

maintenant, des projets de la sorte ont déjà été proposés dans le secteur de Covey Hill

(Bonin 2001). Une étude hydrogéologique, effectuée en 2004 dans la municipalité de Franklin,

démontre que le captage d’eau à des fins d’embouteillage serait faisable, mais que des conflits

d’usage seraient à prévoir entre les utilisateurs actuels de l’eau souterraine (voir menace 1). Les

effets sur l’écosystème n’ont pas été étudiés, mais on pourrait croire que des effets seraient

 

possibles dans un rayon de plus d’un kilomètre autour du site de captage. Les effets d’une

surexploitation locale ou régionale pourraient être irréversibles (Côté et coll. 2006). Les effets

potentiels du captage d’eau sur la taille de la population de la salamandre sombre des montagnes,

population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, et sur son habitat sont discutés à la menace 1

(Captage d’eau souterraine à des fins résidentielles, agricoles et commerciales).

 

Menace 3 – Altération de la tourbière du mont Covey Hill

D’une superficie de 70 hectares, la tourbière du mont Covey Hill est située sur trois propriétés

privées, dont une appartient maintenant à Conservation de la nature Canada. Elle agit comme un

réservoir d’eau qui alimente la nappe phréatique de tout le secteur du mont Covey Hill.

Puisqu’elle alimente une grande proportion de la zone d’occupation de la salamandre sombre des

montagnes, population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, son altération pourrait avoir des

conséquences désastreuses sur l’espèce. Cette tourbière assure en effet le maintien de la plus

importante caractéristique de l’habitat essentiel de cette espèce, c’est-à-dire un apport constant

en eau froide (voir section 7.1). La Loi sur la qualité de l’environnement (L.R.Q., chap. Q-2)

interdit toute modification de cet habitat sans un certificat d’autorisation. Malgré cela, de

nombreux résidents du secteur ne perçoivent pas la tourbière comme un milieu important à

conserver. Par exemple, un propriétaire a récemment transformé une partie de la tourbière

en un lac pour y ensemencer éventuellement de la truite (Mélanie Frenette, comm. pers.).

 

Menace 4 – Coupe forestière

La zone d’occupation de la salamandre sombre des montagnes, population des Grands Lacs et du

Saint-Laurent, est entièrement située sur des terres privées. Ces terres sont situées dans des

municipalités (Franklin et Havelock) qui n’ont actuellement aucune réglementation sur l’abattage

des arbres (Mélanie Frenette, comm. pers.). Les propriétaires peuvent donc déboiser sans

restriction. La coupe forestière demeure une menace particulièrement critique pour les ruisseaux

intermittents et les résurgences, qui représentent le principal habitat de la salamandre sombre des

montagnes, population des Grands Lacs et du Saint-Laurent (Alvo et Bonin 2003, Jutras 2003,

Trottier 2006). La perte de couvert végétal affecte les conditions d’humidité de l’habitat de la

salamandre sombre des montagnes et, généralement, les populations de salamandres ne peuvent

pas persister sous un couvert forestier inférieur à 50 % (Gibbs 1998). La compaction du sol,

l’augmentation de l’érosion et de la sédimentation ainsi que le réchauffement de l’eau

compromettent la disponibilité et l’utilisation des abris pour l’hibernation, la ponte et le repos de

la salamandre sombre des montagnes (Alvo et Bonin 2003, Trottier 2006). Aussi, les diminutions

de la production de litière et de l’humidité des sols, ainsi que la compaction du sol, limitent

grandement la capacité de fouissage et d’alimentation des salamandres de ruisseaux, en plus

d’affecter la densité de leurs proies. La coupe forestière diminue également la condition physique

et le succès reproducteur de la salamandre sombre des montagnes (Knapp et coll. 2003).

 

Menace 5 – Développement à des fins résidentielles et de villégiature

Quoique encore limité au mont Covey Hill, le développement à des fins résidentielles et de

villégiature risque de détruire (p. ex. : déboisement), de détériorer (p. ex. : perturbation du

régime hydrique) et de fragmenter l’habitat (p. ex. : routes) de la salamandre sombre des

montagnes, population des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Ce type de développement signifie

aussi très souvent l’ajout de nouveaux puits pour l’approvisionnement en eau potable, ce qui

risque d’affecter la disponibilité en eau dans l’habitat de cette espèce (voir menace 1).

 

Le développement à des fins résidentielles et de villégiature augmente également les risques de

mortalité des individus (p. ex. : remblaiement, mortalité routière) (Frenette 2008).

 

Menaces 6 – Véhicule tout-terrain

L’activité de loisir la plus menaçante pour la salamandre sombre des montagnes, population des

Grands Lacs et du Saint-Laurent, est celle impliquant la circulation de véhicules tout-terrains

dans la zone d’occupation ou à proximité de celle-ci. Les activités en bordure des rives sont

particulièrement critiques puisqu’elles peuvent détruire des abris, altérer l’habitat de l’espèce,

perturber son comportement et causer de la mortalité directe. Parmi les menaces potentielles

spécifiques de ce genre d’activité, on compte aussi la contamination de l’habitat immédiat ou de

l’eau souterraine suite à des fuites d’hydrocarbures.

 

Menace 7 – Changements climatiques

Les projections climatiques nord-américaines prévoient une augmentation de la température

moyenne ainsi que des changements dans les patrons de précipitations, entraînant ainsi plus

d’évènements de précipitations intenses, entrecoupés par de plus longues périodes de sécheresse

(Brooks 2009). Selon Brooks (2009), ces changements projetés résulteraient en une

augmentation de l’évaporation (assèchement de l’eau de surface et réduction de la nappe

phréatique). Certaines résurgences, telles que celles utilisées par la salamandre sombre des

montagnes, population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, pourraient disparaître. De tels

changements affecteraient la diversité et l’abondance des espèces qui utilisent ces cours d’eau,

notamment les espèces qui ont un faible pouvoir de dispersion comme la salamandre sombre des

montagnes. Il est également appréhendé que le succès reproducteur des salamandres de ruisseaux

soit sévèrement compromis. Cette menace est amplifiée par l’isolement et la répartition restreinte

de la salamandre sombre des montagnes, population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, ce qui

la rend davantage vulnérable aux évènements environnementaux stochastiques (COSEPAC

2007).

 

Menace 8 – Production agricole ou animale

La production agricole ou animale constitue une menace pour la salamandre sombre des

montagnes puisqu’elle implique : 1) le déboisement, la conversion et la fragmentation de

l’habitat forestier; 2) une demande accrue en eau et l’utilisation des réserves d’eau souterraines;

3) une diminution de la qualité de l’eau (p. ex. : pollution, turbidité, sédimentation);

et 4) la perturbation ou la mortalité directe des individus. À l’heure actuelle, les activités

agricoles au mont Covey Hill se déroulent surtout en périphérie de l’habitat des salamandres, à

une altitude plus basse. Toutefois, le mont Covey Hill est en majeure partie zoné agricole et le

développement d’activités plus haut sur le mont constitue une menace véritable pour les forêts

résiduelles et l’habitat de l’espèce. Par exemple, les vergers sont très présents dans la région

(plus de 220 000 pommiers dans la municipalité de Franklin) et la demande en eau pour leur

irrigation est en pleine expansion (Frenette 2008).

 

Menace 9 – Introduction ou ensemencement de poissons

L’introduction ou l’ensemencement de poissons dans les ruisseaux permanents pourrait avoir un

impact sur la salamandre sombre des montagnes, population des Grands Lacs et du

Saint-Laurent, en augmentant la prédation. D’autre part, il est possible que les poissons

ensemencés ou introduits soient vecteurs de maladies ou de parasites pouvant affecter les

 

 

Menace 10 -Salamandres ou d’autres espèces de l’écosystème (Bonin 2001, Jutras 2003).

Au mont Covey Hill, des épisodes de migration d’ombles de fontaine (Salvelinus fontinalis) en

provenance des États-Unis ont été observés (Alain Branchaud, comm. pers.). Cependant, puisque

la salamandre sombre des montagnes utilise plutôt les petits ruisseaux intermittents, ses contacts

avec de tels prédateurs sont probablement limités.

 

 

Tiré de l’article original: 

http://www.sararegistry.gc.ca/virtual_sara/files/plans/rs_allegheny_mountain_dusky_salamander_f.pdf